Grand Veymont

© Mélanie Cortay

Route du vertige

Nés au pied du Vercors et désormais installés entre Lyon et la Drôme des collines, Béatrice Morel Journel et Josselin Varengo œuvrent au sein de multiples projets depuis des années (Gloria, Slow Joe & The Ginger Accident, Baby B, Tara King Th, Deborah Kant ou même Aquaserge), mais c’est sous le nom de Grand Veymont, le plus haut sommet du Vercors, qu’ils décident en 2016 de former un duo et de poser les bases d’un projet resserré autour de leurs deux visions. Tout est souvent question de territoire, celui où on naît, celui où on vit, celui qu’on quitte, celui qu’on traverse, celui qu’on aperçoit ou celui qu’on veut atteindre. Grand Veymont comme une mythologie personnelle, un écho, un mont à gravir. Leurs grands parents ayant été résistants dans le Vercors, l’imaginaire est fécond, une cartographie s’impose, intime, et le territoire devient terrain de jeux. Loin des cadres, des obligations, en duo, ils se recentrent sur leurs aspirations et ajustent leur mire. L’envie d’une écriture libérée et flottante apparaît et leurs premières tentatives s’avèrent enthousiasmantes. Grand Veymont se développe autour d’un dispositif simple et laisse place aux surprises, au jeu : des orgues vintage, une batterie minimale, une boîte à rythme, une flûte et deux voix. Tout né d’improvisations et d’une maitrise assez vertigineuse. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, après un premier EP paru à l’automne 2016, leur nouveau disque (qui paraitra le 16 février 2018 chez Objet Disque) se nomme « Route du vertige ». En 4 chansons long format, la bascule est incessante entre les paysages de premier plan et l’horizon. Tout est fascinant, les détails comme les zones de flou. Suivre Grand Veymont, c’est accepter de quitter un territoire connu pour un autre, moins balisé, où le temps s’étire, les motifs s’empilent, les mélodies s’imbriquent, où tout bascule en permanence. Leur musique pourrait nous évoquer le versant expérimental de Stereolab, ou de la musique sérielle pervertie par un panthéon pop et des vapeurs abstraites, à ce que pourrait être le kraut si le plateau du Vercors apparaissait sur la cartographie des musiques contemporaines à tête chercheuse… Pas de systématisme donc, simplement des chansons en français traversées par des humeurs, des envies, des fulgurances. Un beau programme.

Béatrice Morel Journel : orgue, flûte, chant
Josselin Varengo : orgue, synthés, percussions, voix

Presse

« Doux post-punk minimaliste » (Konbini)
« […] merveilleux morceau d’enfance. Tout à l’air simple, au premier abord. Tout y est lumineux. » (Guts of darkness)

Discographie

Grand Veymont « Route du vertige »