Perio

Photo HD © Alexandra Lebon

Photo HD © Alexandra Lebon

Présentation par Thomas Seron

Pour une promenade de trente minutes, on pensait que PERIO nous baladerait dans une ville qu’il connaît bien : Paris, Chicago, New York ou Lisbonne. Parce que ses albums précédents, Icy Morning In Paris (1994), Medium Crash (1998) et The Great Divide (2007), comportent tous quelques échos des métropoles où il a vécu. De ces climats qui évoquent assez la ville contemporaine, soit-elle jalonnée d’énigmes, de stridences, de points de suspension.
Mais après la trilogie urbaine, le présent objet, quatrième album à part entière, révèle par petites touches un autre panorama. PERIO s’est mis au vert : voilà huit nouvelles chansons qui ont humé le grand air. La campagne, la montagne, un volcan… Et, comme il se doit, l’œuvre débute par l’ensemencement. Avec un moment de grâce en son cœur, Seeds donne absolument envie d’écouter la suite. Telle une chanson-monde, coréalisée avec Christian Quermalet (The Married Monk), elle dévoile une succession d’horizons. De l’art du montage de séquences mélodiques contrastées. « Dans mon métier de graphiste dans l’édition, je travaille avec des blocs d’images. Possible que cette technique influe sur ma façon de composer », analyse Éric Deleporte, pour qui la musique n’est pas une activité à temps plein.
Et puis, enregistrer une partie du disque dans un hameau de la Creuse a ses avantages. Toutes fenêtres ouvertes, il est permis de pousser l’ampli de la guitare jusqu’au larsen, de capturer le son puis de le poser à l’endroit opportun. Après quelques mesures de boîte à rythmes, Woman Uncalled débute par un long grondement de guitare électrique : la faculté de PERIO d’établir un climat ne se dément pas. Au passage, bel agencement de mélodies entremêlées où la basse a valeur d’un chant. Avec Crust & Dirt (déjà paru sur le label Beko DSL), le tempo monte en flèche dans le sillage de Pixies. La suite, Withdrawal, sera autrement émouvante.
Quand arrive Whoopadoop, les guitares d’Éric font moins dans le détail et envoient, avec Elvis Presley en tête, un folk’n’roll véloce et accrocheur en diable : « I’m gonna roll it / Just Rock’N’Roll it / I’m gonna burst into tears / And shake the Whoopadoop ». Le genre de refrain qui, bien après la fin de la chanson, continue de rouler tout seul dans la caboche. Comme la plupart des morceaux de PERIO, d’ailleurs.
Et si le musicien est discret, il a de fervents fans. Comme Rémy Poncet, créateur d’Objet Disque, qui lui a proposé de figurer dans la série « 30 Minutes with » : « PERIO est un groupe que j’écoute depuis l’adolescence. Et j’ai l’impression d’avoir grandi en m’abreuvant des disques du label Lithium. Alors je continue de suivre la plupart des artistes, dont Éric. Je trouve que le travail d’écriture et de production de ses morceaux est passionnant… On pourrait l’inscrire dans plein de familles musicales, mais il échappe à chacune d’entre elles ».
À See It Coming, échappée électro-pop – entre The Notwist et un souvenir de new-wave ? – le soin de clore l’œuvre sensible et stylée, « Née, comme toujours, d’une envie de chansons », dit Éric. Car si la voix évoque parfois Neil Young, PERIO a sa griffe : une manière de tension ; un don pour entretenir le mystère ; une élégante économie de notes et de mots. Réelle aubaine pour l’imaginaire du mélomane qui peut aller bon train.

Presse

« PERIO est un groupe rare. Parce qu’il ne sonne comme aucun autre, résolument franco-américain, dans une veine folk qui fait le grand écart entre la tradition telle que consignée dans l’Anthologie de la musique folk américaine d’Harry Smith et des sons résolument contemporains. » (La Blogothèque)
« Le premier extrait, « I Got Moonburnt », prouve qu’il est toujours aussi inspiré. » (Millefeuille)
« PERIO se propulse en haut de la première division du folk-pop français » (Technikart)
« Un tableau sombre et lancinant, irréel comme une ruelle new-yorkaise en basse définition. » (Chronic’art)

"30 minutes with PERIO"

« 30 minutes with PERIO »