RÉMI PARSON
Montauban e.p.

17 décembre 2015 - Mots-clés , ,

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Rémi Parson "Montauban e.p."

Rémi Parson « Montauban e.p. »


Notes de Matthieu Dufour

Rémi Parson avait écrit et composé l’emballant Précipitations d’une traite, dans sa chambre, à Londres. Sur ce disque de l’intime et de la joie triste, le montalbanais déroulait un arc-en-ciel de tourments et de désirs mélancoliques. Une ambiance de fin de soirée. De fin de saison. Un disque d’équinoxe. Neuf plages comme un tout indissociable dans une ambiance de bricolage électro-lo-fi et de synth-pop, une construction en clair-obscur, touchante par sa sincérité et son propos, convaincante par la force de ses mélodies imparables. Si les ombres de New Order et d’autres totems new-wave planaient dans l’air et les guitares de ses compositions immédiates, il se dégageait de cet album une singularité et une authenticité d’une modernité éclatante.


Avec Montauban, Rémi poursuit son introspection avec un panache certain et une ambition réelle. Il place la barre un cran plus haut en emmenant son songwriting trainer dans les recoins plus sombres de ses labyrinthiques pensées. Ne renonçant pas à ses synthés, ni à ce sens inné de la mélodie, il a décidé de sortir de sa chambre pour échanger avec des musiciens et un ingénieur du son dans un studio. Mais si la production est collective, la matière du disque est plus personnelle que jamais.
Un EP en forme de prequel discographique. Quatre titres seulement, mais quatre chansons fortes et pleines. Montmurat, Montauban, Rue Caussat et Messe des officiers. Quatre hymnes au temps qui passe, au mouvement, à l’opposé d’une nostalgie lénifiante et neurasthénique. Un voyage aux quatre points cardinaux de cette jeunesse évaporée. Voyage en terrain connu. Devenu terre inconnue. Se sentir étranger chez soi. La preuve par quatre que l’exil était la solution et la musique la réponse. Vital.


Avec ce disque plus dense, plus adulte, plus fort, Rémi Parson poursuit la construction de son œuvre avec un émouvant talent. Il semble avoir trouvé un fil. Un fil d’Ariane qui relie son monde intérieur à nos réalités quotidiennes. Il réussit le tour de force de continuer à toucher par la sincérité de sa démarche, l’intégrité de son ambition et la force de mélodies de plus en plus irrésistibles, tout en noircissant et en resserrant son propos. Un disque de grand, un solde de tout compte, un impossible retour en arrière. Une promesse aussi : réjouissez-vous, car Montauban laisse à penser qu’il en a encore beaucoup sous le pied et dans ses synthés. 

Montauban sort chez Objet Disque le 1er février.